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    CRITIQUE LITTÉRAIRE
    Les Racines du Ciel - Romain Gary




    Critique publiée par Woland le 02-03-2006

    Je viens de terminer "Les Racines du Ciel", qui parut en 1956 sous le nom de Romain Gary. Et je tiens à déclarer tout de suite combien il m'a été agréable - et poignant - de découvrir ici un grand romancier auprès duquel j'étais jusque là passée peut-être en raison du battage médiatique qui a été fait autour de lui.

    J'irai même jusqu'à dire qu'il y a, chez Romain Gary, quelque chose du romancier universel. Pour reprendre une expression trop galvaudée de nos jours et devenue parfaitement utopiste, Romain Gary pouvait prétendre au titre de "citoyen du monde."

    Il était né à Wilnio, en Lituanie et se définissait lui-même comme "un cosaque un peu tartare mâtiné de juif." Définition qui, en cette époque où les communautarismes fleurissent dans tous les sens, telles de hideuses et démoniaques mauvaises herbes, me paraît extrêmement révélatrice : Gary ne se définissait pas en effet en fonction de son appartenance religieuse ou de celle de ses ancêtres mais bel et bien en fonction de ses racines nationales. Il était bien trop intelligent, bien trop sensible aussi pour tomber dans le piège du nationalisme, dont il dénonce d'ailleurs dans ce roman les fondements éternels. Cette grâce, ce don qu'il avait reçu du Grand Dieu Thot lui-même, lui permet de porter sur toutes et tous un regard qui tend à la fraternité universelle, apolitique et a-religieuse (ça existe, ce terme ? )

    "Les Racines du Ciel" est un roman où se mêlent allègrement les flash-backs et les points de vue autour d'une figure quasi messianique, Morel, le Français obstiné qui, revenu des camps nazis, a choisi de lutter pour que soit sauvegardée la vie des grands éléphants d'Afrique. Une multitude de personnes s'expriment sur Morel, présentent ses faits et gestes, lui prêtent ou lui reconnaissent des intentions réelles ou supposées et ce qui avait commencé comme une entreprise vaguement ridicule, avec un homme débraillé errant en Afrique Equatoriale Française avec une pétition contre les massacres d'éléphants qu'il cherchait désespérément à faire signer par l'un ou par l'autre, se termine en une apothéose grandiose qui fixe l'Espoir dans l'Eternité.

    Très vite, le lecteur est conquis non seulement par Morel et son charisme mais aussi par l'atmosphère que sait créer l'écrivain - et c'est là le signe d'un romancier béni de Dieu, celui qui sait insuffler à ses créatures un souffle tel qu'elles quittent bientôt leur statut de marionnettes pour prendre corps et vie.

    Très vite aussi, il comprend que, au-delà des éléphants d'Afrique, c'est une certaine idée de la dignité humaine, certes mais surtout universelle (car elle englobe toutes les formes de vie, du moins est-ce l'impression que j'ai ressentie) que Morel veut à tout prix sauver. "Nous avons tous nos éléphants à sauver," voilà ce que nous dit Gary, "trouvez-les en vous-mêmes et vous verrez, votre vie en sera illuminée. Vous deviendrez peut-être fou et l'on vous prendra certainement pour un fou mais vous aurez gagné. Et, à travers votre victoire, c'est l'univers tout entier qui triomphera dans ses forces positives."

    Il y a, dans "Les Racines du Ciel", un souffle prodigieux et qui rappelle Hugo sans les lourdeurs du grand ancêtre et du XIXème siècle. Ajoutez à cela un humour échevelé et une façon unique de renvoyer tout le monde dos à dos. Si l'on excepte le personnage de Waïtari, le "César noir" qui laisse présager, dès 1956, toutes les horreurs qui s'abattront sur l'Afrique avec ce que Gary nomme "la colonisation intérieure" et qu'il définit comme la pire des colonisations possibles, (encore y a-t-il un instant très bref où le journaliste Abe Fields, considérant Waïtari qui s'éloigne, nous fait prendre celui-ci en pitié), aucun héros n'apparaît bêtement manichéen. Tous sont complexes, le comble de la complexité se répartissant entre Habib, l'éternel contrebandier, et le Néerlandais Haas, qui capture des éléphanteaux pour le compte des zoos occidentaux mais qui n'en espère pas moins que Morel a trouvé refuge quelque part ...

    Quant au style ... Ma foi, c'est un style que certains trouveront trop "travaillé" mais que, en ce qui me concerne, j'apprécie énormément.

    Enfin, "Les Racines du Ciel" m'ont permis de lire la meilleure définition du général de Gaulle qui ait jamais été faite - je crois : " De Gaulle, un homme qui lui aussi croyait aux éléphants."

    La fierté de Gary, on la sent presque palpable à ce moment-là - et à d'autres aussi. Fierté d'être un creuset où, dès la naissance, est tombé le germe de l'humanisme universel. Fierté de savoir de manière innée que, au delà des nationalités et des religions qui les séparent trop souvent pour le pire, les hommes en fait ne sont pas différents que ça dans leurs rêves. Simplement, il arrive qu'ils les interprètent mal et qu'ils mettent les mauvais mots là où ils n'ont pas leur place.

    Attachement aussi à un idéal, à "unLe certaine idée", de la France sans doute, mais aussi de l'Humanité en général.

    Et puis lucidité, parfois terrible car, dans un passage, Gary définit la France elle-même comme un éléphant. Lucidité qui pousse à s'interroger sur la position qui aurait été celle du romancier en ces temps d'inquiétude et de paroxysmes intégristes que nous traversons. J'ose espérer qu'elle aurait été assez différente de celle qu'il affichait dans sa "Lettre aux Juifs de France" en 1970.

    En résumé, si vous voulez recharger vos batteries en énergie, en espoir et en bonheur, lisez "Les Racines du Ciel" : si vous croyez malgré tout que notre monde peut changer, ce livre est un incontournable.


    Le critique : Woland
    Note :
    Liens relatifs : Le site de Romain Gary & d'Emile Ajar
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