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Jean-Christophe Heckers L'Etoile des Chiens
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Commentaire de Woland :
Bien qu'il m'ait semblé légèrement déséquilibré quant à sa construction - la seconde partie, le "voyage" plus précisément me semblant trop "grossi", trop insistant par rapport au début et à la fin de l'oeuvre, j'ai beaucoup aimé ce roman.
Car la chute, dont le lecteur expérimenté se doute cependant qu'elle ne peut manquer de surprendre, est excellente et très bien amenée : elle ressemble à un éclat de rire vaguement diabolique dans le lointain ... ;o)
Très différent du style d'"Equinoxe" - mais comment user de ce dernier tout au long d'un roman de SF de 231 pages, à moins de s'enfiler constamment speed et autres produits similaires ? - le style de "L'Etoile des Chiens" est régulier, net, sans grandes trouvailles peut-être mais agréable.
Impression curieuse - qui étonnera peut-être Jean-Christophe Heckers : j'ai eu l'impression qu'il se cherche encore au point de vue, justement, du style, qu'il se sent d'autres possibilités et les sonde. Pourquoi, comment ai-je pensé cela ? ... Il me faudrait analyser cela plus en détail. Disons qu'il m'a donné l'impression de "retenir" son style - ce que je connais très bien moi-même. Enfin, peut-être fais-je erreur et suis-je pitoyablement subjective. ;o)
En tous cas, "L'Etoile des Chiens" promet beaucoup. ;o)
| Son évaluation :
 | | Réponse de l'auteur au commentaire de Woland : Voici ma (pompeuse, semble-t-il) réponse...
Assumons le léger déséquilibre: il est vrai qu’à la construction je ne songeai guère, ni durant la rédaction, ni durant la révision, et que si je devais ramener les choses à de plus justes proportions il me faudrait surmonter ma répugnance à charcuter certains passages. Ce que je ne ferai que sur demande pressante et justifiée (venant par exemple d’un éditeur qui aurait succombé aux charmes incertains de cette oeuvre suspecte, mais encore faudrait-il que je lance une opération d’envergure auprès des intéressés, ce dont je ne suis pas pressé).
Pour la question du style (agaçante et lancinante), il est évident qu’on s’éloigne des «expérimentations» de la nouvelle mentionnée, qui dans ma production est un cas totalement isolé. Isolé et qui n’a pas requis l’ingestion de produits favorisant les séjours en maison d’arrêt: à l’époque je planais très bien tout seul (bien moins désormais, ce doit être l’âge…).
En d’autres temps j’aurais grincé des dents en lisant que L’Etoile des Chiens possède un style sans grandes trouvailles (mais est tout de même net et régulier). Quoi! me serais-je écrié, on ne reconnaît donc point mon génie? Désormais je saurai tenir le qualificatif d’ «agréable» pour un compliment. D’ailleurs ai-je jamais souhaité qu’il fût autrement?
Poursuivons. Il est juste que je cherche encore ma voie stylistique (genre de quête qu’on peut d’ailleurs tenir pour perpétuelle), et que souvent je freine certaines pulsions qui pourraient m’amener à écrire «autrement». Quoique ce soit moins du côté du style que je me tâte que du genre, ce dont peuvent témoigner et L’Etoile des Chiens et sa « séquelle », Vous Autres (qui a certains égards me semble meilleur, et sous d’autres aspects… non –mais il est encore trop frais pour que je me fasse une opinion suffisamment objective), qui hésitent un temps avant de se déclarer franchement comme relevant de la science-fiction.
Mais revenons au style: assurément je tâtonne, toujours insatisfait de mes «progrès» en la matière. Je dois considérer, en outre, que l’écriture des deux ouvrages mentionnés s’est faite un peu en fonçant dans le tas dès que l’occasion se présentait, afin d’en faire quelque chose qui se rapprochait du feuilleton (chaque passage écrit était rapidement mis en ligne sans considérer les nécessités de réviser les pages toutes chaudes). Voilà qui ne permet pas de réfléchir à la façon dont on voudrait/devrait écrire. Je me suis juré qu’à l’avenir (si tant est que le roman, qui n’est toujours pas ma tasse de thé, me fasse encore du pied jusqu’à ce que je cède à ses avances) aucun ouvrage inachevé ne sera soumis à lecture, et que d’autre part je remuerai au moins sept fois ma plume au-dessus de la page avant d’écrire, pour ne pas me laisser subjuguer par les vertiges de la précipitation.
Festina lente, me répéterai-je, jusqu’à ce que ça porte ses fruits.
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